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Profondeur de site : pourquoi vos meilleures pages sont à quatre clics de trop

Escalier en spirale vu de haut, image de la profondeur d’un site web

Un site qui grandit se creuse. Chaque nouvelle rubrique ajoute un étage, chaque étage éloigne les pages de l'accueil, et un jour les pages les plus utiles se retrouvent à quatre ou cinq clics de la page qui reçoit tous les liens. Google les explore moins, les classe moins, et le propriétaire du site conclut que « le contenu ne marche pas ». Le contenu marche. Il est simplement enterré.

Cet article explique ce qu'est la profondeur d'un site, ce que Google en dit, ce qui se raconte à tort sur les liens de pied de page et les plans de site, et comment nous avons réorganisé le maillage d'un site de 1 600 pages en une journée.

La profondeur, c'est le nombre de clics depuis l'accueil

La profondeur d'une page est le plus court chemin, en nombre de clics, entre la page d'accueil et cette page. L'accueil est à zéro. Une page de catégorie liée depuis le menu est à un. Un article lié depuis cette catégorie est à deux. Si l'article n'est accessible que depuis une page 3 d'une pagination, il est à quatre.

Deux choses en dépendent.

L'exploration. Googlebot n'explore pas tout un site à chaque passage ; il suit les liens et revient plus souvent sur les pages proches de l'accueil. Les mesures publiées par les outils d'audit convergent : une page à quatre clics ou plus reçoit moins de la moitié des visites du robot d'une page à un ou deux clics, et au-delà de cinq clics beaucoup de pages ne sont plus explorées du tout.

L'autorité. Google distribue une part de l'importance d'une page aux pages qu'elle lie. L'accueil, qui reçoit la plupart des liens externes, est presque toujours la page la plus forte. Chaque clic d'éloignement divise ce qu'il en reste, et chaque page qui porte trois cents liens répartit sa part en trois cents. Une page à quatre clics, liée depuis une seule page qui en porte trois cents, ne reçoit presque rien.

Le chiffre que tout le monde cite vient d'Ahrefs : sur leurs données de 2024, 94 % des pages qui se classent en première page sont à trois clics ou moins de l'accueil. Ce n'est pas une règle de Google, c'est une corrélation, mais elle est massive et cohérente avec le fonctionnement du robot. Trois clics est une bonne limite de travail pour tout ce qui doit se positionner.

Ce que Google dit, et ce qu'on lui fait dire

« Les liens de pied de page, c'est mal. » Non. John Mueller, de Google, l'a redit plusieurs fois : les liens internes du pied de page servent à la découverte des pages, ils sont pondérés moins que les liens dans le contenu parce qu'ils sont identiques sur toutes les pages, mais ils ne sont pas pénalisés. Il a même averti que retirer d'un coup tous les liens de pied de page fait parfois disparaître des pages qui n'avaient que ces liens. Ce qui est réellement contre-productif, c'est un pied de page bourré de cent ancres à mots-clés : ça ne rapporte rien, ça dilue tout, et ça ressemble à ce que ça est.

« Pas plus de cent liens par page. » Cette consigne a existé dans les recommandations de Google, puis a été retirée. La formulation actuelle parle de « quelques milliers au plus » et renvoie à l'utilité pour le visiteur. La question n'est plus « combien », mais « combien de valeur reste-t-il pour chaque lien ». Une page de trois cents liens fonctionne pour la navigation ; elle ne transmet presque rien à chacun.

« Un plan de site HTML règle le problème. » Il règle un problème, pas celui-là. Une page qui liste toutes les URL du site garantit qu'aucune n'est orpheline et que le robot peut toutes les atteindre en deux clics. C'est utile. Mais un lien parmi mille cinq cents ne transmet pas d'autorité mesurable. Le plan de site est un filet de sécurité, pas une stratégie de maillage. Le fichier sitemap XML joue le même rôle côté robot ; les deux se complètent, aucun ne remplace des liens dans le contenu.

« Le pré-pied de page des grands sites, c'est du bourrage. » Regardez ce que fait realtor.ca, le portail immobilier canadien : un bloc « villes populaires » avec quarante liens, sur la page d'accueil seulement, au-dessus du pied de page qui, lui, ne contient que le juridique et l'institutionnel. Ce n'est pas du bourrage, c'est une réponse exacte au problème de profondeur : les quarante pages qui comptent le plus passent à un clic de la page la plus forte du site, avec des ancres lisibles, et le pied de page commun reste léger. La différence avec le bourrage tient à trois choses : ces liens sont sur une seule page, ils pointent vers des pages que les visiteurs cherchent réellement, et ils sont en nombre limité.

Un cas concret : 1 600 pages, quatre gisements de contenu

Nous avons appliqué ces principes au site d'un expert en estimations immobilières en Bretagne. Le site a quatre familles de contenu : des articles de jurisprudence, des guides par situation vécue, un lexique, et une page par commune pour 1 195 communes, chacune avec les prix, les loyers, les risques et une carte interactive. Ces pages communes sont les plus riches du site et celles qui répondent aux recherches locales.

Le diagnostic, mesuré sur le site construit :

ÉlémentAvant
Liens sortants de l'accueil41, aucun vers une commune, un guide ou un terme du lexique
Profondeur d'une page commune3 (accueil, rubrique, département, commune)
Liens portés par la page département qui mène aux communes286
Liens entre les quatre familles de contenuaucun

La profondeur de trois n'était pas le vrai problème. Le vrai problème était que chaque commune recevait son unique lien depuis une page de 286 liens, et que les familles de contenu ne se parlaient pas.

Ce que nous avons changé, dans l'ordre :

  1. Un étage intermédiaire avec de vraies pages. Entre le département et la commune, une page par intercommunalité, soit 62 pages construites sur la nomenclature officielle, chacune avec 5 à 60 communes, ses chiffres agrégés et un texte propre. La profondeur des communes n'a pas changé, mais chacune reçoit maintenant un lien depuis une page de 20 à 60 liens, et depuis six communes voisines. Le département renvoie aux secteurs, puis à la liste alphabétique.
  2. Un pré-pied de page sur l'accueil seulement. Les huit communes les plus actives de chaque département, les 24 guides regroupés par profil de client, les douze termes de lexique les plus recherchés. L'accueil passe de 41 à 105 liens ; les pages qui comptent passent à un clic. Le pied de page commun n'a pas bougé : navigation et mentions légales.
  3. Des liens transversaux décidés par les données. Chaque page commune porte un bloc « pour aller plus loin » dont le contenu dépend de ses propres chiffres. Commune littorale : le guide sur la construction voisine et la perte de vue. Plus de 20 % de résidences secondaires : le guide sur la valeur à déclarer à l'impôt sur la fortune immobilière. Zone tendue : le terme « valeur locative ». Arrêtés de catastrophe naturelle pour inondation : le terme « vice caché ». Ce sont des liens dans le contenu, justifiés par la page, donc ceux que Google pondère le plus, et ils sont différents d'une commune à l'autre.
  4. Un plan de site HTML, lié depuis le pied de page, organisé par rubrique puis par département et secteur, 1 465 liens. Il ne transmet rien de mesurable, il garantit qu'aucune page n'est orpheline.
  5. Des ancres variées. « Quimper » dans les listes, « expertise immobilière à Quimper » dans les phrases, jamais la même ancre exacte répétée des centaines de fois.

Le tout tient dans une journée de travail parce que le site est généré à partir de données : les secteurs viennent d'un fichier public, les liens transversaux de règles appliquées aux chiffres de chaque commune. Sur un site rédigé page par page, le même travail se fait à la main, rubrique par rubrique, et prend des semaines. Il vaut quand même la peine.

Comment vérifier chez vous

Mesurez avant de toucher à quoi que ce soit. Un crawler d'audit (Screaming Frog, Sitebulb, Ahrefs, Semrush) donne pour chaque URL sa profondeur et le nombre de liens internes reçus. Regardez trois choses :

  • Combien de pages sont à quatre clics ou plus. Si des pages qui doivent se positionner y figurent, c'est la priorité.
  • Combien de liens porte la page qui mène à vos pages importantes. Au-delà de 150, ajoutez un étage qui regroupe, avec de vraies pages, pas des pages vides de tri.
  • Combien de pages ne reçoivent qu'un seul lien interne. Chacune dépend d'une seule page pour exister.

Puis, dans la Search Console, suivez la couverture : pages explorées, pages indexées, et la fréquence d'exploration dans les statistiques d'exploration. Les effets d'un maillage refait se voient en trois à six semaines. C'est le seul juge qui compte.

Ce qu'il faut retenir

  • La profondeur se mesure en clics depuis l'accueil ; visez trois au maximum pour tout ce qui doit se classer.
  • Les liens de pied de page ne sont pas pénalisés, ils pèsent peu ; un pré-pied de page sur l'accueil seulement fait le même travail avec des liens qui comptent.
  • Une page qui porte trois cents liens ne transmet presque rien à chacun ; ajoutez un étage de regroupement avec du contenu réel.
  • Le plan de site HTML évite les pages orphelines, il ne redistribue pas l'autorité.
  • Les liens les plus efficaces sont ceux du contenu, justifiés par la page qui les porte, avec des ancres variées.

Sources : Search Engine Journal, la valeur des liens selon leur emplacement ; John Mueller sur le retrait des liens de pied de page ; profondeur de clic et indexation, données Ahrefs 2024 ; nombre de liens par page, consigne Google actualisée ; Search Engine Land, guide des sitemaps.

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