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Le média GloriaWebmaster

Bing Webmaster Tools : ce qu'il apporte en plus de la Search Console

Illustration de personnes analysant des graphiques et un ordinateur portable

Pendant des années, j'ai fait l'impasse sur Bing Webmaster Tools. Je ne l'installais pas sur les projets clients, je n'en parlais pas dans mes formations. Ma logique était simple : je constatais déjà qu'une majorité de dirigeants ne regardaient jamais leur Search Console malgré mes relances, et je ne voulais pas ajouter un deuxième tableau de bord qui semblait faire doublon avec celui de Google.

J'ai changé d'avis, pour deux raisons. La première, c'est que l'outil de Microsoft couvre des angles morts réels de la Search Console, notamment sur les liens entrants et sur la soumission d'URL. La seconde, c'est que l'index de Bing alimente des surfaces qui ne sont plus marginales pour certains sites. Reste à ne pas surjouer : Bing pèse ce qu'il pèse en France, et cet article s'efforce de le dire honnêtement avant de détailler ce que l'outil apporte, et ce qu'il ne remplace pas.

Ce que Bing pèse réellement en France

Commençons par le chiffre qui décide de tout le reste. D'après Statcounter Global Stats, sur le mois d'août 2026 et tous appareils confondus, Google capte 88,76 % des recherches en France et Bing 5,13 %. Yahoo! suit à 2,55 %, Ecosia à 1,4 %, Qwant à 0,83 % et DuckDuckGo à 0,79 %. Précision de méthode qui compte : Statcounter mesure des pages vues sur un panel de sites équipés de son script, pas des utilisateurs uniques ni des requêtes déclarées par les moteurs. C'est un ordre de grandeur, pas un recensement.

Le détail par appareil est plus intéressant que le total. Sur le seul poste de travail, toujours en août 2026, Bing monte à 10,92 % en France, contre 79,86 % pour Google. L'écart s'explique sans mystère : Bing est le moteur par défaut d'Edge et de la recherche Windows, or le parc informatique d'entreprise reste très largement sous Windows. Autrement dit, si votre audience est majoritairement B2B et consulte votre site depuis un ordinateur professionnel, Bing ne représente pas 5 % de votre marché mais plutôt le double. Si vous vendez à des particuliers sur mobile, l'inverse est vrai et l'enjeu redevient anecdotique.

Parts de marché des moteurs de recherche en France, août 2026 (source : Statcounter Global Stats, mesure de pages vues)
Moteur Tous appareils Ordinateur
Google 88,76 % 79,86 %
Bing 5,13 % 10,92 %
Yahoo! 2,55 % 5,38 %
Ecosia 1,4 % 1,36 %
Qwant 0,83 % 0,98 %
DuckDuckGo 0,79 % 0,88 %

Cette réalité rejoint ce que j'observais déjà côté publicité. Sur des thématiques comme le logiciel de caisse ou les fosses septiques, le coût par clic était nettement plus bas chez Microsoft Advertising que chez Google Ads, et même avec un taux de conversion inférieur, le coût par contact restait plus intéressant. Le raisonnement est le même pour l'organique : peu de volume, mais peu de concurrence.

Les liens entrants : l'angle mort de la Search Console

C'était le point de départ de la première version de cet article, et il tient toujours. Google documente noir sur blanc les limites de son rapport Liens : la documentation officielle indique que le rapport ne contient pas la liste exhaustive des liens mais un échantillon, que les tableaux sont plafonnés à 1 000 lignes, et que les données sont regroupées par domaine racine. Pour un site un peu ancien, vous voyez donc une fraction de votre profil de liens, sans indication de nofollow.

Bing propose de son côté un rapport de liens entrants gratuit, avec les domaines référents, les pages et les ancres. J'avais comparé, sur un de mes sites, ce que remontait Bing et ce que remontait Serpstat, l'outil payant que j'utilisais alors pour mes projets courants : Serpstat créditait 334 domaines référents là où Bing en affichait sensiblement moins. Ma conclusion de l'époque n'a pas changé sur le fond. Aucun crawler ne voit tout le web, et deux outils ne donneront jamais le même chiffre ; ce qui compte, c'est la cohérence de la série dans le temps et la comparaison avec vos concurrents, pas la valeur absolue d'un jour donné.

Concrètement, j'utilise Bing Webmaster Tools comme une source de recoupement gratuite : quand un domaine référent apparaît chez Bing et pas dans mon outil payant, je vais vérifier. C'est utile pour repérer des liens que personne n'avait signalés, y compris ceux qu'on préférerait ne pas avoir. Si le sujet vous intéresse, j'ai détaillé ma méthode de suivi sur ma page consacrée au travail sur les backlinks.

Ce que l'outil contient aujourd'hui

La formule actuelle est assez fournie. Microsoft détaille l'inventaire dans un billet du blog Bing Webmaster publié le 17 juin 2025 : rapport de performance (impressions, clics, position moyenne), inspection d'URL, recommandations, recherche de mots-clés, rapport de liens entrants, Site Explorer, rapport de sitemaps, Site Scan pour l'audit technique, testeur de robots.txt, contrôle du crawl de Bingbot, intégration IndexNow et un assistant Copilot intégré à l'interface.

IndexNow, le vrai différenciateur technique

IndexNow est un protocole de notification : au lieu d'attendre le passage d'un robot, votre site prévient les moteurs dès qu'une URL est créée, modifiée ou supprimée. La FAQ officielle d'IndexNow précise que les soumissions sont partagées entre les moteurs participants — Bing, Naver, Seznam, Yandex, Yep et Amazon y figurent — avec un plafond de 10 000 URL par requête POST et la recommandation d'attendre au moins cinq minutes avant de resoumettre la même URL. Google ne participe pas au protocole, c'est important de le savoir avant de bâtir une stratégie dessus.

Pour un site vitrine de dix pages, cela ne change rien. Pour un catalogue e-commerce dont les prix et les stocks bougent quotidiennement, ou pour un site d'annonces, c'est le seul mécanisme grand public qui permette de signaler une mise à jour sans attendre. Sur WordPress, l'activation passe par une extension et la pose d'un fichier de clé à la racine ; comptez un quart d'heure. Cela ne dispense pas d'un sitemap correct et d'une architecture propre : si vous avez des doutes sur ce qui est réellement pris en compte, commencez plutôt par un contrôle de l'indexation.

Site Scan, testeur de robots.txt et contrôle du crawl

Le Site Scan lance un audit technique sur votre domaine et remonte les erreurs classiques : balises title manquantes ou dupliquées, codes d'erreur, problèmes de redirection. Ce n'est pas un remplaçant des crawlers professionnels, mais c'est gratuit et cela dégrossit. Le contrôle du crawl, lui, permet d'indiquer à quelles heures Bingbot doit passer — pratique sur un hébergement mutualisé fragile.

Visibilité dans les réponses générées par l'IA

C'est la nouveauté qui justifie le plus d'ouvrir un compte aujourd'hui. Microsoft a annoncé le 10 février 2026 la préversion publique d'un rapport « AI Performance » dans Bing Webmaster Tools. Il affiche le nombre total de citations de votre site comme source dans des réponses générées par IA, le nombre moyen de pages citées par jour, un échantillon des requêtes ayant conduit à la citation, et le détail par URL. Les surfaces couvertes annoncées sont Microsoft Copilot, les résumés générés dans Bing et « certaines intégrations partenaires », sans liste publique.

Deux réserves honnêtes. D'abord, Microsoft précise que les données de requêtes sont un échantillon et que ces métriques ne reflètent ni l'importance, ni le classement, ni le placement des pages. Ensuite, ce rapport ne dit rien de ChatGPT, de Gemini ou de Perplexity. Il documente l'écosystème Microsoft, rien d'autre. Cela reste, à ma connaissance, la seule fenêtre gratuite et officielle sur des citations en réponse IA, ce qui la rend précieuse pour objectiver un débat où l'on entend beaucoup d'affirmations sans mesure.

Ce que Bing Webmaster Tools ne remplace pas

Soyons clairs sur le périmètre, parce que c'est là que se créent les déceptions.

  • Ce n'est pas un substitut à la Search Console. Avec près de 89 % du marché français, Google reste la source de vérité sur votre trafic de recherche. Bing est un complément, jamais un remplacement.
  • Ce n'est pas un outil d'analyse concurrentielle. Vous ne verrez que les sites que vous avez validés. Pour comparer votre profil de liens à celui de trois concurrents, il faut toujours un outil payant.
  • Ce n'est pas un outil d'analyse d'audience. Il ne mesure ni les conversions, ni les parcours, ni le chiffre d'affaires. Ces questions se traitent dans votre outil de mesure et dans vos tableaux de bord, par exemple sous Data Studio (ex-Looker Studio).
  • Ce n'est pas une garantie de positionnement. Aucun outil de webmaster, chez Google comme chez Microsoft, ne fait remonter un site. Ils constatent, ils ne classent pas.

Mon avis après plusieurs années de pratique : l'installation coûte dix minutes et l'outil est gratuit, donc le rapport bénéfice-risque est favorable sur à peu près tous les projets. Mais je continue de le présenter aux clients comme un poste secondaire, après un travail sérieux sur le référencement naturel côté Google. L'ordre des priorités n'a pas changé.

Comment le mettre en place proprement

La procédure tient en quelques étapes. Vous créez un compte avec une adresse Microsoft, puis vous importez directement vos sites depuis Google Search Console : c'est l'option la plus rapide, elle reprend la validation de propriété existante. Sinon, la validation se fait par fichier XML à la racine, balise meta ou enregistrement DNS, comme chez Google. Vous soumettez ensuite votre sitemap, vous activez IndexNow si votre volume de mises à jour le justifie, et vous lancez un premier Site Scan. Ensuite, une visite trimestrielle suffit dans la plupart des cas : le rapport de liens et le rapport AI Performance sont les deux écrans qui méritent un coup d'œil régulier.

Questions fréquentes

Bing Webmaster Tools est-il gratuit ?

Oui, l'outil est entièrement gratuit et ne demande qu'un compte Microsoft. Toutes les fonctions sont incluses : rapport de performance, liens entrants, inspection d'URL, audit technique, IndexNow et recherche de mots-clés. Il n'existe pas de version payante ni de quota lié à un abonnement.

Faut-il l'installer si mon site vise uniquement la France ?

Cela dépend de votre audience. Sur l'ensemble des appareils, Bing représente environ 5 % des recherches en France selon Statcounter en août 2026, mais près de 11 % sur ordinateur, car Bing est le moteur par défaut d'Edge et de Windows. Un site B2B consulté depuis des postes professionnels a donc plus à y gagner qu'un site grand public consulté sur mobile.

Quelle différence avec Google Search Console sur les liens entrants ?

Google indique dans sa documentation que son rapport Liens affiche un échantillon, plafonné à 1 000 lignes par tableau, sans mention du nofollow. Bing fournit gratuitement les domaines référents, les pages et les ancres, ce qui permet un recoupement utile. Aucun des deux ne voit l'intégralité des liens pointant vers un site.

Qu'est-ce qu'IndexNow et Google l'utilise-t-il ?

IndexNow est un protocole qui permet à un site de notifier instantanément les moteurs quand une URL est créée, modifiée ou supprimée, au lieu d'attendre le passage d'un robot. Bing, Naver, Seznam, Yandex, Yep et Amazon participent au protocole et partagent les soumissions. Google n'en fait pas partie : IndexNow n'accélère donc pas la prise en compte par Google.

Le rapport AI Performance mesure-t-il ma visibilité dans ChatGPT ?

Non. Ce rapport, en préversion publique depuis février 2026, couvre Microsoft Copilot, les résumés générés dans Bing et certaines intégrations partenaires non détaillées publiquement. Il ne donne aucune information sur ChatGPT, Gemini ou Perplexity, et Microsoft précise que les données de requêtes ne sont qu'un échantillon.

Combien de temps prend la mise en place ?

Une quinzaine de minutes dans la plupart des cas. L'import direct depuis Google Search Console reprend la validation de propriété déjà effectuée et évite de reposer un fichier ou une balise. Il reste ensuite à soumettre le sitemap et, si le site publie souvent, à activer IndexNow.

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