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Le média GloriaWebmaster

Accordéons, onglets, scroll infini : quel impact sur le SEO ?

Symbole de l'infini lumineux rose sur fond noir

Un lecteur m'a écrit en plein recettage de la refonte du site de son entreprise, avec deux inquiétudes que je vois revenir depuis dix ans. Sur les fiches produits, le texte d'introduction est replié derrière un bouton « Lire la suite » : ce contenu est-il vraiment lu par Google ? Et la liste des produits utilise un chargement infini, décidé avant son arrivée dans l'entreprise : les produits qui n'apparaissent qu'au défilement sont-ils indexés ? Sa question finale résumait tout : « est-ce que notre pagination est SEO friendly ? »

J'ai longtemps répondu à ce genre de question par la prudence : dans le doute, ne repliez rien. Cette réponse n'est plus la bonne, et je préfère le dire franchement plutôt que laisser traîner un vieux conseil. La position de Google sur le contenu masqué a changé avec l'indexation mobile-first. Une autre contrainte a pris sa place, plus sérieuse et beaucoup moins négociable : l'accessibilité. Voici l'état réel des règles, côté moteur et côté réglementation.

Contenu replié : ce que Google dit aujourd'hui

Le document qui fait foi n'est ni un message sur les réseaux ni une intervention en conférence, c'est la page des règles anti-spam de Google Search. Sa section sur les textes et liens cachés sépare explicitement deux choses : la dissimulation destinée à manipuler le classement, qui reste une infraction, et les composants d'interface courants, qui n'en sont pas une. Y figurent nommément le contenu sous forme d'accordéon ou d'onglets qui alterne entre affichage et masquage, les diaporamas, les infobulles et les textes réservés aux lecteurs d'écran. Cette page a été mise à jour le 28 août 2026 : ce n'est pas une position ancienne à moitié oubliée, c'est la doctrine en vigueur.

La documentation sur l'indexation mobile-first, mise à jour le 10 décembre 2025, va dans le même sens. Elle autorise une mise en page mobile différente, « par exemple en déplaçant du contenu dans des accordéons ou des onglets », à une seule condition : que le contenu reste équivalent à celui de la version bureau. Replier n'est pas cacher. Le pli est une décision de mise en page, pas une décision d'indexation.

Ce changement de doctrine a une logique simple. En indexation mobile-first, c'est la version mobile qui sert de référence. Or sur un écran de téléphone, presque tout le contenu secondaire est replié. Dévaloriser le pli reviendrait à dévaloriser la quasi-totalité du web mobile.

La vraie ligne de partage : dans le HTML, ou chargé au clic

Le critère qui décide n'est pas visuel, il est technique. Le contenu est-il présent dans le HTML servi, ou dans le HTML rendu après exécution du JavaScript ? Ou n'arrive-t-il qu'après une action de l'internaute ?

Google est sans ambiguïté sur ce point : ne chargez pas le contenu principal en différé sur interaction, car le moteur ne charge pas ce qui exige un balayage, un clic ou une saisie. La page consacrée au chargement différé, également mise à jour le 10 décembre 2025, le formule autrement : les méthodes recommandées, dont l'API IntersectionObserver, ne dépendent d'aucune action de l'utilisateur, ce qui est essentiel puisque Google Search n'interagit pas avec la page.

Concrètement, deux accordéons identiques à l'écran peuvent avoir des destins opposés :

  • le panneau est dans le HTML, simplement masqué en CSS ou fermé via un élément <details> : le texte est indexable au même titre que le reste de la page ;
  • le panneau est vide au chargement et son contenu est récupéré en AJAX au moment du clic : le texte n'existe pas pour le robot, qui ne clique pas.

La vérification prend deux minutes et ne demande aucun outil payant. Ouvrez l'inspection d'URL dans la Search Console, lancez le test en direct, puis cherchez une phrase du panneau replié dans le HTML rendu. Si elle y est, le sujet est clos. Vous pouvez aussi désactiver le JavaScript dans le navigateur et regarder ce qui subsiste. C'est exactement le contrôle que j'ai demandé à mon lecteur avant d'engager la moindre correction : dans son cas, le texte figurait bien dans la source, et le bouton « Lire la suite » ne posait aucun problème.

Chargement infini : le problème n'est pas le défilement, c'est l'URL

Pour les listes de produits, le raisonnement est différent. Google décrit les trois familles de solutions dans sa page sur la pagination et le chargement incrémentiel, mise à jour le 10 décembre 2025, et rappelle le point qui décide de tout : ses robots d'exploration ne cliquent pas sur les boutons et ne déclenchent généralement pas les fonctions JavaScript qui réclament une action de l'utilisateur.

Trois façons d'afficher une longue liste de produits et leurs conséquences pour l'exploration
Solution Ce que vit l'internaute Ce que voit le robot
Pagination classique Pages numérotées, position connue dans la liste Une URL et des liens par page : exploration directe
Bouton « Voir plus » Une seule page qui s'allonge à la demande Rien au-delà du premier lot si le bouton n'est pas doublé d'un lien
Chargement infini Défilement continu, sans rupture Rien au-delà du premier lot, sauf pagination technique en parallèle

Un chargement infini peut donc très bien cohabiter avec un bon référencement, à condition de poser une pagination réelle sous l'interface. Les règles tiennent en quatre points, tous issus de la documentation citée :

  1. chaque lot de résultats dispose d'une URL propre, avec un paramètre du type ?page=2 et des numéros absolus, jamais relatifs : une URL en ?date=hier est à proscrire ;
  2. ces URL sont reliées entre elles par de vrais liens <a href>, même lorsque l'interface visible n'affiche qu'un bouton ;
  3. l'URL affichée est mise à jour via l'History API au fil du défilement, jamais avec un fragment placé après un #, que Google n'utilise pas pour la pagination ;
  4. la page 1 n'est pas déclarée comme URL canonique des pages suivantes : chaque page se canonise sur elle-même. Quant aux attributs rel="next" et rel="prev", Google ne les utilise plus.

Un point d'attention souvent oublié : le chargement infini fabrique des pages lourdes, qui s'alourdissent encore à chaque défilement. Si votre catalogue empile des centaines d'éléments dans le même document, le gain d'indexation se paiera en temps de chargement et en réactivité à l'interaction. C'est un arbitrage à traiter en amont, avec le même sérieux que l'optimisation de la vitesse du site.

Accessibilité : la contrainte qui a remplacé le risque SEO

Le vrai danger de ces composants ne vient plus des moteurs. Un accordéon bâclé, c'est-à-dire un simple <div> muni d'un écouteur de clic, est inatteignable au clavier et silencieux pour un lecteur d'écran. Le motif « disclosure » des ARIA Authoring Practices du W3C fixe le minimum : l'élément qui ouvre et ferme porte le rôle button, s'active avec Entrée et Espace, et expose aria-expanded="true" quand le panneau est visible, false quand il est masqué. L'attribut aria-controls, facultatif, désigne le conteneur concerné.

Le plus simple reste souvent d'utiliser <details> et <summary>, qui apportent nativement la navigation au clavier et l'état d'ouverture : c'est le balisage employé par la FAQ en bas de cette page. Pour les onglets, le motif est autre — navigation par flèches, role="tablist" — et demande davantage de code. Si l'équipe n'a pas le temps de le faire correctement, une succession de titres et de paragraphes rend le même service sans risque.

Ce n'est plus seulement une bonne pratique. En France, le référentiel applicable reste le RGAA 4.1.2 : la direction interministérielle du numérique indiquait le 2 mars 2026 qu'une version 5, alignée sur les WCAG 2.2 et étendue aux applications mobiles, est attendue pour la fin 2026, sans remettre en cause les critères actuels. L'Arcom, désignée autorité de contrôle par l'ordonnance du 6 septembre 2023, peut prononcer des sanctions financières allant jusqu'à 50 000 € pour non-respect des exigences d'accessibilité et 25 000 € pour les autres obligations. Son périmètre couvre les personnes morales de droit public, les délégataires de service public et les entreprises dont le chiffre d'affaires dépasse 250 millions d'euros en France.

Pour les TPE et PME, l'échéance qui compte est ailleurs. La directive (UE) 2019/882 s'applique depuis le 28 juin 2025 à une série de services fournis aux consommateurs, dont le commerce électronique. Elle exempte les microentreprises prestataires de services, définies comme employant moins de dix personnes et réalisant un chiffre d'affaires annuel ou un total de bilan n'excédant pas 2 millions d'euros. Au-dessus de ces seuils, une boutique en ligne est concernée, et un accordéon inutilisable au clavier cesse d'être un détail de finition.

Ce que je recommande en pratique

Repliez ce qui mérite de l'être, pas ce qui porte votre positionnement. Un accordéon propre sur des spécifications techniques, des questions fréquentes ou des conditions de livraison est neutre pour le référencement et confortable pour le lecteur. Je continue en revanche de déconseiller de replier le contenu qui justifie la page : description principale d'un produit, argument central d'une page de service. Non parce que Google le dévaloriserait, mais parce qu'un texte que personne ne déplie finit rarement par être bien écrit, ni bien mis à jour.

Côté conception, trois réflexes suffisent. Servez le contenu dans le HTML plutôt qu'au clic. Doublez tout bouton « Voir plus » d'une pagination avec de vraies URL. Testez au clavier avant la mise en production : si vous ne pouvez pas atteindre et ouvrir chaque panneau avec Tab puis Entrée, l'implémentation est à revoir, quelle que soit la qualité de l'animation. Ces contrôles trouvent naturellement leur place dans un audit UX, ou en amont d'une création de site quand le gabarit n'est pas encore figé.

Questions fréquentes

Google pénalise-t-il le texte caché dans un accordéon ?

Non, à condition que le masquage serve l'expérience utilisateur et non la manipulation du classement. Les règles anti-spam de Google Search citent explicitement les accordéons et les onglets comme des usages acceptables du contenu masqué. La sanction ne vise que le texte dissimulé aux seules fins de tromper le moteur, par exemple du texte blanc sur fond blanc ou une police de taille nulle.

Comment vérifier que le contenu de mon accordéon est bien indexé ?

Utilisez l'inspection d'URL de la Search Console, lancez un test en direct et cherchez une phrase du panneau replié dans le HTML rendu. Si la phrase apparaît, le contenu est vu par Google. Vous pouvez aussi désactiver le JavaScript dans votre navigateur : ce qui reste affiché correspond largement à ce que le moteur reçoit avant rendu.

Le chargement infini empêche-t-il l'indexation de mes produits ?

Il l'empêche dès que les lots suivants ne sont accessibles que par une action de l'internaute, car les robots de Google ne cliquent pas et ne font pas défiler la page. La parade consiste à doubler l'interface d'une pagination réelle, avec une URL propre par lot et de vrais liens entre ces URL. Le défilement continu reste alors une simple couche de confort côté visiteur.

Faut-il encore utiliser rel="next" et rel="prev" ?

Google ne s'en sert plus pour comprendre une séquence paginée, il s'appuie sur les liens et sur les URL. Ces attributs ne nuisent pas et d'autres moteurs peuvent encore les lire, mais ils ne remplacent en aucun cas des liens explicites entre les pages. Mieux vaut investir le temps disponible dans des URL stables et une navigation cliquable.

Quel balisage retenir pour un accordéon accessible ?

Les éléments HTML natifs details et summary apportent d'emblée la navigation au clavier et l'annonce de l'état d'ouverture, sans code supplémentaire. Si vous développez votre propre composant, le déclencheur doit avoir le rôle bouton, s'activer avec Entrée et Espace, et porter un attribut aria-expanded qui bascule entre true et false. Un panneau que l'on ne peut pas ouvrir au clavier est un défaut d'accessibilité, pas un détail esthétique.

Mon site e-commerce est-il soumis à l'obligation d'accessibilité ?

La directive européenne 2019/882 s'applique depuis le 28 juin 2025 aux services vendus aux consommateurs, dont le commerce électronique. Les microentreprises prestataires de services en sont exemptées : moins de dix salariés et un chiffre d'affaires annuel ou un total de bilan qui n'excède pas 2 millions d'euros. Au-delà de ces seuils, une boutique en ligne entre dans le champ de l'obligation.

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