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Liens sitewide (footer, menu, sidebar) : quel risque SEO ?

Illustration de pages reliées par des liens autour d'un écran

Un lien sitewide est un lien qui apparaît sur toutes les pages d'un site, parce qu'il est posé une seule fois dans un gabarit : le menu, la barre latérale ou le pied de page. Un site de 3 000 pages qui place un lien dans son footer génère mécaniquement 3 000 liens vers la même destination, depuis un seul domaine référent. D'où la question que l'on me pose régulièrement : ce déséquilibre est-il dangereux ?

La réponse dépend d'une distinction que beaucoup d'articles escamotent. Vos liens internes de navigation n'ont rien à voir avec les liens sortants qu'un partenaire place vers vous dans son gabarit. Google traite les deux cas très différemment. J'ai publié une première version de cet article en 2016 ; les règles et surtout les méthodes de Google ont changé depuis, et mes conclusions de l'époque méritent d'être nuancées.

Le cas qui est à l'origine de cet article

En 2016, une personne en stage de référencement m'écrit, inquiète. Elle travaille sur le site d'un éditeur de jeux et constate que le nombre de backlinks du site passe d'environ 250 à 1 400 en quelques semaines, alors que son travail n'a apporté que 4 nouveaux domaines référents. Elle craint d'avoir choisi un mauvais partenaire pour un échange de liens.

Un coup d'œil au profil de liens dans Majestic donnait, à ce moment-là, le tableau suivant.

Profil de liens du site analysé en 2016 (source : Majestic, index « Fresh »)
Indicateur Valeur Lecture
Domaines référents 109 Base réelle de sites qui citent le site
Liens entrants 6 359 Environ 58 liens par domaine en moyenne
Nouveaux domaines apportés 4 Le travail effectué sur la période

L'explication tenait en une ligne : l'un des nouveaux partenaires avait placé le lien dans son pied de page, donc sur l'intégralité de ses pages. Le compteur de backlinks s'affolait, le nombre de domaines référents ne bougeait presque pas. À l'époque, j'en avais conclu qu'il fallait « éradiquer » les liens sitewide. Dix ans plus tard, je formule les choses autrement.

Une précision honnête sur ce dossier : le site en question a fermé quelques années après. Pas à cause de ses liens. Son interface, sa vitesse et son catalogue avaient plusieurs années de retard sur ses concurrents. Le travail de netlinking avait bien fait progresser son trafic, mais un profil de liens ne compense jamais une expérience utilisateur dépassée.

Les liens internes de navigation ne sont pas du spam

Commençons par le cas le plus fréquent, et le moins risqué : les liens de votre propre menu, de votre sidebar et de votre footer, qui pointent vers vos propres pages. Ce sont des liens de navigation. Google ne les combat pas, il compte dessus.

La documentation Search Central consacrée aux bonnes pratiques en matière de liens (page mise à jour le 10 décembre 2025) pose deux principes utiles. D'abord, toute page à laquelle vous tenez doit recevoir un lien depuis au moins une autre page de votre site. Ensuite, il n'existe pas de nombre idéal de liens par page : Google précise simplement que si vous trouvez qu'il y en a trop, c'est probablement le cas.

Deux nuances pratiques en découlent. Un pied de page qui reprend vos rubriques principales, vos coordonnées et vos mentions légales est une bonne chose. Un pied de page qui empile 150 ancres optimisées vers toutes les pages du site n'apporte rien à un visiteur, et les liens situés hors du contenu principal d'une page pèsent de toute façon moins lourd : des porte-parole de Google l'indiquaient déjà en 2016, comme le rapportait Search Engine Roundtable le 27 janvier 2016.

Autrement dit, sur votre propre site, la question n'est pas « est-ce dangereux ? » mais « est-ce utile à la navigation ? ». C'est un sujet d'architecture, que je traite dans le cadre d'un audit technique SEO, pas un sujet de conformité.

Liens sortants sitewide : là, les règles anti-spam s'appliquent

Le second cas est celui des liens placés dans un gabarit vers un site tiers : le bloc « nos partenaires » du footer, le lien de l'agence qui a réalisé le site, l'échange entre deux entreprises amies. Ici, la position de Google est écrite noir sur blanc.

Les règles anti-spam de la recherche Google, dont la dernière mise à jour date du 28 août 2026, listent parmi les exemples de spam de liens les « liens largement diffusés dans les pieds de page ou les modèles de différents sites » et les « liens riches en mots-clés, masqués ou de faible qualité intégrés à des widgets distribués sur différents sites ».

La même page apporte l'exception qui compte : acheter et vendre des liens fait partie de l'économie normale du web, et ce n'est pas une infraction dès lors que le lien porte un attribut rel="nofollow" ou rel="sponsored". Le critère n'est donc pas l'emplacement en lui-même, mais l'intention : un lien de gabarit posé pour aider un visiteur est légitime, un lien de gabarit posé pour transférer de la popularité relève du schéma de liens.

Neutralisation plutôt que sanction : ce qui a changé depuis 2016

C'est le point sur lequel mon article d'origine a le plus mal vieilli. En 2016, on raisonnait en termes de pénalité et l'on craignait le negative SEO par liens sitewide. Je relayais alors un test isolé publié par un blog anglophone ; je ne le considère plus aujourd'hui comme une preuve suffisante.

Depuis, Google a documenté sa méthode. Lors de l'annonce de la mise à jour « link spam » du 14 décembre 2022, l'équipe Search Quality explique utiliser son système SpamBrain pour « neutraliser l'impact des liens artificiels » et précise que les classements peuvent bouger parce que le crédit transmis par ces liens est perdu. Le verbe employé est « annuler », pas « punir ».

Le rapport annuel de Google sur la lutte contre le spam, publié le 11 avril 2023 et portant sur l'année 2022 à l'échelle mondiale, chiffre l'effort : 50 fois plus de sites de spam de liens détectés que lors de la mise à jour précédente, et, selon Google, plus de 99 % des visites issues de la recherche exemptes de spam. Ce sont des données déclarées par Google, sans vérification externe possible, mais elles indiquent la direction prise.

Conséquence concrète pour un dirigeant de TPE ou de PME : dans l'immense majorité des cas, un lien sitewide entrant de qualité médiocre ne vous coûte rien. Il ne vous rapporte simplement rien. Le scénario catastrophe, lui, reste possible mais suppose un schéma de liens caractérisé, généralement acheté, et se matérialise par une action manuelle visible dans la Search Console.

Comment repérer les liens sitewide qui pointent vers vous

La méthode tient en trois étapes, et la première est gratuite.

  • Le rapport Liens de la Search Console. Le tableau « Principaux sites d'origine » indique, pour chaque domaine, le nombre de pages qui vous citent. Un domaine avec 4 000 pages liantes est un lien de gabarit, pas une citation éditoriale. L'aide Google précise que les tableaux affichés sont limités à 1 000 lignes, l'export pouvant atteindre 100 000 lignes.
  • Un outil de netlinking. Majestic, Ahrefs ou un équivalent permettent de comparer directement le nombre de liens et le nombre de domaines référents, et de trier par volume. C'est ce que j'utilise dans mes missions de netlinking.
  • La vérification manuelle. Ouvrez deux ou trois pages différentes du site source. Si le lien est présent partout au même endroit, avec la même ancre, c'est un sitewide. Cinq minutes suffisent et évitent bien des conclusions hâtives.

Que faire selon les cas

Grille de décision face à un lien sitewide
Situation Lecture Action recommandée
Liens internes dans votre menu ou votre footer Navigation normale Les garder, limiter leur nombre à ce qui sert le visiteur
Lien sortant sitewide vers un partenaire, sans contrepartie Toléré, mais peu utile Le déplacer sur une page « partenaires » ou la page d'accueil
Lien sortant sitewide avec contrepartie financière Non conforme s'il transmet du crédit Ajouter rel="sponsored"
Lien sitewide entrant non sollicité, site correct Sans effet notable Ne rien faire
Liens sitewide entrants massifs issus d'achats passés Risque réel Demander le retrait, puis envisager le désaveu

Sur le désaveu, je reprends la position de Google plutôt que celle des forums. L'aide officielle de l'outil de désaveu de liens indique que Google sait évaluer seul les liens dignes de confiance et que l'outil « n'a pas d'utilité pour la majorité des sites ». Deux conditions doivent être réunies : un nombre considérable de liens artificiels ou de mauvaise qualité, et une action manuelle avérée ou probable. À noter également : l'outil n'est pas compatible avec les propriétés de domaine dans la Search Console.

Et si c'est vous qui posez ces liens ?

L'exemple que je citais en 2016 reste valable comme principe : les grands médias qui accordent une visibilité à leurs partenaires le font dans un bloc situé en bas de leur page d'accueil, sans répéter ces liens sur l'ensemble du site. On parle de « prefooter ». C'est la solution la plus saine, parce qu'elle concentre la visibilité sur la page la plus forte sans créer un motif répétitif sur des milliers d'URL.

Trois réflexes suffisent : réservez le gabarit à la navigation et aux mentions obligatoires, sortez les liens partenaires vers une page dédiée ou la page d'accueil, et qualifiez systématiquement les liens rémunérés. Si un prestataire vous propose un échange de liens en pied de page comme levier principal, c'est un signal à prendre au sérieux dans votre choix d'un consultant ou d'une agence SEO.

Pour résumer : non, il ne faut pas fuir les liens sitewide par principe, et non, avoir plus de liens que de domaines référents n'est pas un problème en soi. Ce qui compte, c'est la diversité réelle des domaines qui vous citent et le fait que chaque lien ait une raison d'exister pour un lecteur.

Questions fréquentes

Un lien sitewide compte-t-il comme des milliers de backlinks ?

Les outils de netlinking comptent effectivement un lien par page sur laquelle il apparaît, ce qui gonfle le nombre total de backlinks. Pour les moteurs de recherche, l'indicateur pertinent reste le nombre de domaines référents distincts, pas le volume brut de liens. Un lien répété sur 5 000 pages d'un même site ne vaut pas 5 000 citations éditoriales venues de 5 000 sites différents.

Les liens sitewide sont-ils pénalisés par Google ?

Les règles anti-spam de Google citent les liens largement diffusés dans les pieds de page ou les modèles de différents sites comme un exemple de spam de liens. Depuis la mise à jour de décembre 2022, Google explique surtout neutraliser l'effet de ces liens plutôt que sanctionner les sites qui les reçoivent. Une action manuelle reste possible, mais elle vise des schémas de liens caractérisés, le plus souvent des achats de liens.

Faut-il mettre les liens de mon pied de page en nofollow ?

Pour les liens internes vers vos propres pages, non : ce sont des liens de navigation et Google attend qu'ils existent. Pour un lien sortant vers un site tiers placé dans votre gabarit, ajoutez rel="sponsored" s'il y a eu une contrepartie financière, ou rel="nofollow" si vous ne souhaitez pas associer votre site à la destination. Un lien partenaire gratuit et pertinent peut rester en lien simple.

Combien de liens puis-je mettre dans mon pied de page ?

Google indique qu'il n'existe pas de nombre idéal de liens par page, et ajoute que si vous avez l'impression qu'il y en a trop, c'est probablement le cas. Le critère utile est l'usage : un visiteur doit pouvoir repérer en quelques secondes ce qu'il cherche. Une dizaine de liens structurants vaut mieux qu'un annuaire de plusieurs dizaines d'ancres optimisées.

Comment savoir si un backlink est un lien sitewide ?

Dans la Search Console, le rapport Liens indique pour chaque site d'origine le nombre de pages qui pointent vers vous ; un chiffre très élevé pour un seul domaine signale un lien de gabarit. Vous pouvez le confirmer en ouvrant deux ou trois pages différentes du site en question et en vérifiant que le lien apparaît au même endroit, avec la même ancre. Les outils de netlinking permettent le même contrôle en comparant liens et domaines référents.

Dois-je désavouer les liens sitewide qui pointent vers mon site ?

Dans la très grande majorité des cas, non. Google précise que son outil de désaveu n'a pas d'utilité pour la plupart des sites et ne le recommande que si un nombre considérable de liens artificiels pointe vers vous et qu'une action manuelle a été reçue ou est probable. Commencez toujours par demander le retrait du lien au site concerné.

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