Cet article a longtemps été une liste : 35 annuaires classés par indicateurs d'outils SEO, mise à jour au fil des années. En la reprenant en septembre 2026, deux choses m'ont sauté aux yeux. D'abord, une partie des sites listés n'existe plus, a été absorbée par une autre marque ou a changé de métier. Ensuite, le cadre posé par Google sur les liens d'annuaires est aujourd'hui assez explicite pour qu'une liste brute rende plus de mauvais services que de bons.
J'ai donc remplacé la liste par ce qui manquait : ce que disent les règles anti-spam de Google sur les liens créés artificiellement, le résultat des tests que j'ai relancés sur les domaines de l'ancienne sélection, et des critères pour distinguer un annuaire qui sert réellement votre visibilité d'une ferme de liens. Je ne cite ici que des sites que j'ai testés moi-même, le 11 septembre 2026.
Ce que disent vraiment les règles de Google
Les règles concernant le spam dans la recherche Google listent, parmi les exemples de spam de liens, les « liens vers des sites de favoris ou des annuaires de qualité médiocre ». La même page cite les échanges de liens excessifs, l'usage de « programmes ou services automatisés » pour créer des liens, les publireportages rémunérés contenant des liens qui améliorent le classement, et les liens à ancre optimisée placés dans des articles invités ou des communiqués de presse (documentation Google, page mise à jour le 31 août 2026).
Deux nuances comptent. Google ne dit pas « tous les annuaires » : il vise les annuaires de qualité médiocre et l'intention de manipuler le classement. Et la vente de liens n'est pas interdite en soi : Google précise que ces liens ne posent pas de problème « tant qu'ils sont qualifiés avec une valeur d'attribut rel="nofollow" ou rel="sponsored" ». Autrement dit, payer pour une visibilité assumée est légitime ; payer pour un lien qui transmet du classement ne l'est pas.
La sanction existe et porte un nom. Le rapport sur les actions manuelles de la Search Console décrit le motif « Liens artificiels vers votre site » : Google indique avoir « détecté un format de liens factices, artificiels, trompeurs ou manipulateurs » et rappelle que la participation à des systèmes de liens « peut être sanctionnée par l'application d'une action manuelle sur tout ou partie de votre site » (aide Search Console). C'est ce risque, et non une question de goût, qui justifie de renoncer aux inscriptions en masse.
Ce que sont devenus les annuaires de mon ancienne liste
Méthode : une requête HTTP sur chaque domaine de la liste d'origine, redirections suivies, lecture du titre de la page d'accueil. Aucun indicateur d'outil tiers, aucune estimation. Voici un extrait représentatif des trente-cinq domaines testés.
| Domaine | Résultat du test |
|---|---|
| pagesjaunes.fr | Actif, service inchangé |
| europages.fr | Actif, place de marché B2B |
| infobel.com | Actif, annuaire d'entreprises international |
| justacote.com | Actif, guide d'adresses et d'avis |
| hoodspot.fr | Redirige vers annuaire.petitesaffiches.fr |
| yalwa.fr | Redirige vers un site de petites annonces (locanto.fr) |
| 1two.org | Devenu un magazine en ligne |
| square-annuaire.com | Devenu un blog d'actualités |
| webfrance.com | Devenu un média « guide du digital » |
| costaud.net | Accessible en HTTP seulement, HTTPS hors service |
| choixdunet.fr | Page « Site en construction » |
| choosepictures.fr | Domaine qui ne résout plus |
| telephone.city, francesurf.net | Accès refusé (erreur 403) |
Quatre profils se dégagent. Une minorité de services solides, adossés à un vrai modèle économique. Des marques absorbées, dont les liens ont été redirigés vers un autre site. Des annuaires devenus des blogs : c'est la trajectoire la plus intéressante, parce qu'un site qui publie des articles sponsorisés vend en réalité des liens éditoriaux, exactement ce que vise la règle sur les publireportages. Et des domaines morts ou abandonnés, dont un qui n'a même plus de certificat HTTPS valide.
Publier aujourd'hui une liste de trente-cinq annuaires « à faire » reviendrait donc à envoyer des lecteurs vers une majorité de sites dont la valeur a disparu, avec en prime un profil de liens qui ressemble à s'y méprendre à ce que Google décrit dans ses exemples.
Reconnaître un annuaire légitime
Un annuaire utile n'est pas un annuaire « puissant » : c'est un annuaire dont l'inscription a une raison d'être en dehors du SEO. Les critères que j'applique :
- L'éditeur est identifiable : une institution, une fédération, un office de tourisme, une entreprise dont l'annuaire est le métier.
- L'inscription est conditionnée à quelque chose de réel : une adhésion, une qualification, un agrément, une implantation, un secteur d'activité.
- Le site a ses propres visiteurs, qui y cherchent des prestataires. Testez : cherchez votre métier plus votre ville et regardez si l'annuaire ressort.
- La fiche apporte une information au lecteur (horaires, zone d'intervention, contacts), pas seulement une ligne de texte et un lien.
- Le tarif, s'il existe, porte sur la visibilité ou la fiche, pas sur « un lien en dofollow » ni sur le choix de l'ancre.
- Il y a une modération : une inscription instantanée et automatique, sans validation, est un signal négatif.
Les inscriptions qui valent encore le temps passé
Le baromètre France Num 2025, publié en septembre 2025 par la Direction générale des entreprises et réalisé par le Crédoc auprès de 11 021 entreprises dont 7 978 TPE, mesure que 65 % des TPE-PME possèdent un site présentant leur activité, que 50 % sont inscrites à un annuaire internet gratuit et 19 % à un annuaire payant (France Num, 2025). L'inscription en annuaire reste donc une pratique courante. La question n'est pas de l'abandonner, mais de la limiter aux endroits où un client peut réellement vous trouver.
- La fiche d'établissement Google, si vous recevez des clients ou intervenez sur une zone. C'est la brique de base de la visibilité locale, avec ses propres règles de représentation (consignes officielles).
- Les Pages Jaunes, encore consultées dans plusieurs secteurs de services : à arbitrer selon le devis et selon ce que vous constatez dans vos appels entrants.
- Les annuaires d'agrément et de qualification, quand ils existent : l'annuaire des professionnels RGE de France Rénov' en rénovation énergétique, ou l'annuaire des « répar'acteurs » de CMA France. Ce sont des annuaires où l'on est référencé parce qu'on remplit une condition, pas parce qu'on a rempli un formulaire.
- Votre fédération, votre syndicat professionnel, votre groupement, votre chambre consulaire : ces annuaires d'adhérents sont peu nombreux, durables, et souvent bien positionnés sur des requêtes métier.
- L'office de tourisme et les réseaux d'information touristique pour les activités concernées, l'hébergement et la restauration en premier lieu.
- Les annuaires B2B sectoriels, type Europages ou Infobel, si et seulement si vos acheteurs y passent.
À part, il y a l'Annuaire des Entreprises édité par l'État : votre entreprise y figure déjà, sans démarche. Il sert à vérifier vos informations légales publiques, pas à obtenir un lien. Sur toutes ces fiches, visez la cohérence du nom, de l'adresse et du téléphone d'un support à l'autre : c'est ce qui compte pour le référencement local, bien plus que le nombre d'inscriptions.
Les signaux d'une ferme de liens
Quelques marqueurs qui, réunis, ne trompent pas : une offre au volume (« 300 annuaires pour 49 € »), un tarif affiché par lien ou par ancre, la promesse explicite d'un lien « en dofollow », une inscription validée en quelques secondes, des catégories remplies de fiches génériques sans adresse ni téléphone, des textes visiblement générés, un réseau de sites clonés partageant le même gabarit, ou encore un « blog » qui publie tous les jours des articles sans auteur sur des sujets sans rapport. Un travail de netlinking sérieux part du besoin du lecteur, pas d'un tarif au lien.
Vous avez déjà inscrit votre site partout : que faire ?
Je suis passé par là. Vers 2015-2016, j'ai travaillé une thématique concurrentielle en m'inspirant d'un concurrent qui avait patiemment inscrit son site sur plus de deux cents annuaires, et j'ai utilisé les meilleurs annuaires du moment. C'est ce travail qui avait donné naissance à cette page, avec un tri de deux cents annuaires à l'aide d'indicateurs d'outils tiers et l'aide de confrères référenceurs. Aujourd'hui, je ne referais pas la même chose : la plupart de ces supports ont perdu leur audience, et le rapport bénéfice/risque s'est inversé.
Concrètement, en trois étapes. Vérifiez d'abord le rapport sur les actions manuelles de la Search Console : s'il est vide, vous n'avez pas de pénalité déclarée. Arrêtez ensuite les abonnements et les inscriptions en masse, et supprimez ce qui est facile à supprimer. N'enchaînez pas sur un désaveu massif : Google écrit que « dans la plupart des cas », il sait évaluer les liens seul et que l'outil « n'a pas d'utilité pour la majorité des sites », son usage étant réservé aux profils de liens artificiels susceptibles d'entraîner une action manuelle (aide Search Console). Pour la suite, un suivi de vos backlinks vaut mieux qu'une nouvelle campagne d'inscriptions.
Ce qui reste vrai, en revanche, c'est le conseil qui ouvrait la première version de cet article : commencez par transposer sur le web votre réseau réel. Fournisseurs, distributeurs, clients, partenaires, associations, écoles, collectivités, presse locale, organisateurs d'événements. Ces liens-là sont peu nombreux, lents à obtenir, et personne ne vous les reprochera.
Questions fréquentes
Les annuaires sont-ils interdits par Google ?
Non. Les règles anti-spam de Google citent les « liens vers des sites de favoris ou des annuaires de qualité médiocre » comme exemple de spam de liens, pas les annuaires en général. Un annuaire institutionnel, sectoriel ou local, où l'inscription correspond à une réalité, ne pose pas de problème.
Peut-on payer pour être inscrit dans un annuaire ?
Oui, à condition que la prestation porte sur la visibilité et non sur la transmission de classement. Google indique que les liens achetés ne violent pas ses règles tant qu'ils sont qualifiés avec l'attribut rel nofollow ou rel sponsored. Une offre qui facture un lien « dofollow » vend précisément ce que Google interdit.
Combien d'annuaires faut-il viser ?
Il n'existe pas de nombre cible. Mieux vaut quelques fiches là où vos clients cherchent réellement un prestataire, tenues à jour et cohérentes entre elles, que des dizaines d'inscriptions sur des sites sans audience. Le volume est justement l'un des signaux qui caractérisent les campagnes de liens artificiels.
Comment savoir si mon site a été pénalisé à cause de liens ?
Le rapport sur les actions manuelles de la Search Console indique si Google a appliqué une sanction, notamment au titre des « liens artificiels vers votre site ». S'il est vide, aucune action manuelle n'est en cours ; une baisse de trafic a alors une autre cause, à chercher du côté du contenu, de la technique ou de la concurrence.
Faut-il désavouer les liens d'annuaires anciens ?
Rarement. Google précise que son outil de désaveu est inutile pour la majorité des sites et qu'il est réservé aux cas où un volume important de liens artificiels a entraîné ou risque d'entraîner une action manuelle. En l'absence de sanction, il vaut mieux cesser les inscriptions et laisser ces liens s'éteindre.
La fiche d'établissement Google remplace-t-elle les annuaires ?
Elle ne les remplace pas mais elle passe avant, pour toute activité recevant des clients ou intervenant sur une zone géographique. Elle conditionne l'affichage dans Google Maps et dans les résultats locaux, et elle obéit à des consignes de représentation précises qu'il faut respecter sous peine de suspension.

Merci pour ta suggestion Frédéric. Malheureusement, il ne répond pas au critère de 100 mots dans le top 100 de Google. Depuis 2015, son trafic semble nul et il n'est toujours pas passé en https. Je peux me tromper mais je pense qu'il y a d'autres cibles plus intéressantes.
Bonjour Erwan, il manque Telephone.city annuaire né en 2014 avec 3M de références, liens en dofollow et gratuit
Bonjour Clara, merci pour la suggestion, il est très bien en effet et mérite un top 10 :).
Un grand merci d'avoir référencé notre annuaire : faitesvousconnaitre.com 🙂
Bonjour, peut-être pourriez-vous ajouter Avis Site Internet ? Merci
Merci pour la proposition Bertrand. Le site semble prometteur mais n'a pas le trafic suffisant pour l'instant d'après SEMrush.
Bonjour Erwan, votre article est très bien fait, bravo. Je m'occupe du MEILLEUR DU WEB, si celui-ci répond à vos critères, ce serait une grande fierté d'apparaître dans votre article. N'hésitez pas à me contacter.
Nico.
Désolé Nico mais la courbe de trafic dans SEMrush ne répond pas aux critères requis.
Je pense qu'une petite mise à jour serait nécessaire. Certains annuaires ne sont plus en service. Mais merci quand même de cette liste d'annuaires qui peut aider dans notre référencement
Merci pour cette liste, je l'utilise pour référencer mes sites web (et les nouveaux à venir).
Belle journée.
Charles.