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Pourquoi et comment externaliser son webmarketing

Illustration de personnages animant des réseaux sociaux autour d'un smartphone

Externaliser son webmarketing, c'est confier à un prestataire (agence, consultant, freelance) tout ou partie des actions qui rendent une entreprise visible et génèrent des contacts en ligne : référencement naturel, publicité Google Ads, réseaux sociaux, emailing, mesure des résultats. Pour une TPE ou une PME, la question se pose quand les compétences ou le temps manquent en interne, et que le site ne produit pas ce qu'on en attend.

Cet article s'appuie sur des situations que je rencontre depuis plus de dix ans auprès de dirigeants de petites entreprises. Il propose une méthode en quatre étapes : reconnaître les signaux, choisir entre externalisation partielle et totale, sélectionner un prestataire sur des critères vérifiables, puis organiser la montée en compétences de l'équipe.

Communication et webmarketing : deux métiers proches, mais distincts

Le cas le plus fréquent que j'observe chez mes clients est le suivant. Une entreprise recrute un chargé de communication compétent en print, relations presse et événementiel. Le dirigeant lui confie naturellement le site web au moment de sa création ou de sa refonte. Le problème : faire passer un message et rendre un site visible sur Google sont deux expertises différentes, même si elles se recoupent.

Les conséquences se ressemblent d'un dossier à l'autre :

  • un site qui génère peu de trafic qualifié ;
  • des équipes frustrées par des résultats qu'elles ne savent pas expliquer ;
  • un budget engagé sans retour mesurable ;
  • des parts de marché qui glissent vers des concurrents mieux organisés en ligne.

Externaliser ne remet pas en cause le travail du chargé de communication. Il s'agit de le compléter par une expertise technique et analytique qu'on ne peut pas exiger de lui.

Ce que disent les chiffres sur les compétences numériques des TPE-PME

Compétences numériques et externalisation : repères chiffrés (France et Union européenne)
Indicateur Valeur Source et périmètre
TPE-PME françaises disposant d'un site internet présentant leur activité 65 % (81 % pour les PME) Baromètre France Num 2025 (DGE, Crédoc), 11 021 entreprises interrogées du 26 mars au 18 avril 2025, déclaratif
TPE-PME s'appuyant sur des prestataires externes pour leurs projets numériques 37 % (-2 points en un an) Baromètre France Num 2025, même périmètre
TPE-PME déclarant des difficultés à trouver un prestataire numérique adapté 37 % (+15 points en un an) Baromètre France Num 2025, même périmètre
Entreprises françaises de 10 salariés ou plus dont les fonctions informatiques sont assurées par des prestataires externes 61,5 % (59,1 % pour 10 à 49 salariés) ; UE : 71,9 % Eurostat, tableau isoc_ske_fct, enquête 2024 (référence 2023), mis à jour en juin 2026
Entreprises de 10 salariés ou plus ayant eu des difficultés à recruter un spécialiste informatique 59 % de celles qui ont recruté ou tenté de recruter (8 % de l'ensemble) ; 86 % citent le manque de candidatures Insee, enquête TIC entreprises 2024, secteurs principalement marchands, janvier 2025

Deux enseignements. Recruter un profil numérique en interne reste difficile pour la majorité des entreprises qui s'y essaient, d'où le poids de l'externalisation. Et si 55 % des TPE-PME déclarent des compétences numériques internes (+9 points selon le même baromètre), 55 % citent aussi le manque de temps comme principal frein à la formation. Trouver un prestataire ne suffit pas : il faut organiser le temps qu'on lui consacre.

Étape 1 : reconnaître les signaux qui justifient une aide extérieure

Le déclic vient rarement d'une réflexion sur la « transformation digitale », mais d'un constat commercial :

  • un concurrent local gagne des clients grâce à son site ou à ses annonces ;
  • les demandes de devis diminuent alors que le marché reste porteur ;
  • des prospects disent avoir « trouvé la concurrence sur Internet » ;
  • le chiffre d'affaires stagne sans explication évidente.

J'ai suivi sur plusieurs années deux entreprises d'un même secteur. La première, leader historique sur son territoire, a mal préparé la refonte de son site : redirections oubliées, pages supprimées, trafic en chute. Il lui a fallu environ trois ans pour retrouver son niveau initial. La seconde, un concurrent local plus petit, a appliqué une stratégie régulière de contenus et de suivi des positions, et a pris sur la même période une place qu'on ne lui aurait pas prédite. Être leader sur le terrain ne fait pas de vous le leader en ligne.

Un audit concurrentiel simple avant toute décision

Posez-vous cinq questions : qui sont vos cinq principaux concurrents en ligne ? Leurs sites reçoivent-ils plus de visites que le vôtre ? Sur quelles requêtes sont-ils mieux positionnés ? Quels contenus publient-ils ? Quelle présence ont-ils sur les réseaux sociaux ? Similarweb, Semrush ou Ahrefs donnent des ordres de grandeur suffisants pour cadrer la discussion.

Étape 2 : choisir entre externalisation partielle et totale

L'audit sert à hiérarchiser quatre chantiers : la structure technique (vitesse, mobile, sécurité, suivi statistique), l'expérience utilisateur (parcours vers le contact ou l'achat), les contenus (pages de service, articles répondant aux questions des clients) et l'acquisition (référencement naturel, publicité sur Google Ads ou Microsoft Advertising, réseaux sociaux, emailing).

Externalisation partielle ou totale : répartition des rôles
Modèle Ce que fait votre équipe Ce que fait le prestataire Pour qui
Partielle Rédaction des contenus métier, relation client, suivi quotidien Stratégie, technique, optimisations, campagnes, reporting Entreprises disposant d'une personne en interne avec du temps dédié
Totale Validation de la stratégie et des contenus Gestion complète du webmarketing Entreprises sans ressource interne ou en phase de lancement

Je recommande le plus souvent l'externalisation partielle : moins coûteuse, elle garde l'expertise métier en interne et permet à l'équipe de comprendre ce qui est fait en son nom. L'externalisation totale se justifie temporairement, au lancement d'une activité par exemple, à condition de prévoir dès le départ la reprise progressive de certaines tâches.

Étape 3 : sélectionner le prestataire sur des critères vérifiables

Où chercher

Trois voies se complètent : la recherche directe (Google, LinkedIn, réseaux professionnels locaux), le bouche-à-oreille entre dirigeants, et les plateformes spécialisées (Malt pour les freelances, Codeur.com pour les appels d'offres, Sortlist pour les agences). Selon le Baromètre France Num 2025, les TPE-PME s'appuient d'abord sur leurs réseaux professionnels (38 %) et leur expert-comptable (18 %) pour être conseillées. Le réseau des Activateurs France Num est une autre piste. Pour comparer agence, ESN et indépendant, voyez notre article sur la mutation du secteur des ESN et des freelances.

Les critères qui comptent

  • Expertise vérifiable : références dans un secteur proche du vôtre, cas concrets avec résultats mesurés, certifications à jour (Google Ads, Google Analytics), maîtrise des outils professionnels.
  • Transparence : tarification détaillée, méthodes expliquées, accès complet à vos comptes (Search Console, Analytics, Google Ads) et propriété de vos données, reporting régulier et lisible.
  • Disponibilité : compréhension de votre marché, délais de réponse annoncés, formation incluse, relation de partenariat plutôt que simple exécution.

Côté tarifs, les modèles courants sont le taux horaire ou journalier pour le conseil et la formation, le forfait mensuel pour le suivi, le prix à l'article pour la rédaction, et un pourcentage du budget publicitaire ou un forfait pour les campagnes. Demandez ce qui est inclus, la durée d'engagement et les conditions de résiliation. Un prestataire qui refuse l'accès administrateur à vos propres comptes est un signal d'alerte. Nos critères détaillés sont dans le guide choisir une agence ou un consultant SEO.

Cas pratique : accompagner un créateur d'entreprise

Après une première version de cet article, j'ai reçu la demande d'un créateur d'entreprise. Il ne voulait pas gérer lui-même son webmarketing, mais réaliser les tâches à sa portée, la rédaction en premier lieu. Il demandait comment se déroulent un audit et un nouveau projet, à quelle fréquence nous nous verrions, et sur quelle base tarifaire. Voici la méthode proposée.

  1. Audit du marché et de la concurrence : potentiel de recherche (Google Trends, outils de mots-clés), analyse des cinq concurrents directs, opportunités et menaces, budget réaliste.
  2. Stratégie proportionnée : répartition de l'effort entre référencement naturel, publicité payante, réseaux sociaux et emailing selon le secteur et le budget. Dans la plupart des activités de services que j'accompagne, le référencement naturel et la publicité sur les moteurs apportent l'essentiel des contacts ; les réseaux sociaux servent surtout la notoriété.
  3. Plan d'actions : nom de domaine, cahier des charges du site et choix du prestataire technique, premières campagnes payantes dès la mise en ligne, suivi (Google Analytics 4, Search Console, conversions).
  4. Formation du dirigeant : rédaction orientée recherche, gestion de campagnes simples, lecture des tableaux de bord, optimisations courantes.

Le calendrier habituel : fondations techniques les premières semaines, optimisations et contenus du deuxième au quatrième mois, montée en autonomie ensuite. Je ne promets pas de résultat chiffré : on fixe des objectifs intermédiaires mesurables (pages indexées, positions sur les requêtes prioritaires, coût par contact) et on ajuste chaque mois.

Étape 4 : organiser la montée en compétences de l'équipe

Le prestataire doit expliquer dès le premier jour que son intervention complète le travail accompli, sinon l'externalisation crée des tensions. Objectifs de la formation : que l'équipe comprenne les enjeux, s'approprie outils et méthodes, devienne autonome sur les tâches courantes et soit reconnue pour les résultats obtenus.

Prévoyez un point mensuel, un accès partagé aux tableaux de bord et un transfert progressif : la rédaction, puis le suivi des positions et des campagnes, puis les optimisations simples. À douze ou dix-huit mois, le prestataire ne devrait plus intervenir que sur la stratégie, la technique et les arbitrages.

Conclusion : une externalisation qui prépare l'autonomie

Une externalisation réussie combine un diagnostic honnête, une stratégie adaptée à votre budget et à votre marché, un partenaire capable de former autant que d'exécuter, et des objectifs mesurables avec un reporting régulier. Le but n'est pas de dépendre d'un prestataire, mais de poser des fondations que votre équipe pourra développer, en gardant la main sur vos comptes et vos données.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'externalisation du webmarketing ?

C'est le fait de confier à un prestataire externe (agence, consultant, freelance) tout ou partie des actions de visibilité et d'acquisition en ligne : référencement naturel, publicité Google Ads, réseaux sociaux, emailing, mesure des résultats. L'entreprise garde la décision stratégique et, idéalement, la propriété de ses comptes et de ses données.

Faut-il externaliser tout le webmarketing ou seulement une partie ?

L'externalisation partielle est le modèle le plus courant pour une TPE ou une PME : l'équipe interne rédige les contenus métier et gère la relation client, le prestataire prend en charge la stratégie, la technique, les campagnes et le reporting. L'externalisation totale convient à un lancement d'activité ou à une entreprise sans ressource interne, à condition de prévoir une reprise progressive.

Combien coûte l'externalisation du webmarketing ?

Le coût dépend du périmètre et du modèle de facturation : taux horaire ou journalier pour le conseil, forfait mensuel pour le suivi, prix à l'article pour la rédaction, pourcentage du budget publicitaire ou forfait pour la gestion des campagnes. Demandez un devis détaillé précisant ce qui est inclus, la durée d'engagement et les conditions de résiliation.

Comment vérifier le sérieux d'une agence ou d'un freelance webmarketing ?

Demandez des références dans un secteur proche du vôtre, des cas concrets avec des résultats mesurés et des certifications à jour. Exigez l'accès administrateur à vos propres comptes (Google Analytics, Search Console, Google Ads) et un reporting régulier. Un prestataire qui garantit une position ou un chiffre d'affaires doit être écarté.

Agence, ESN ou freelance : quelle différence pour une PME ?

Une agence offre plusieurs compétences sous un même toit et une continuité de service, mais à un coût généralement plus élevé. Un freelance est plus souple et souvent moins cher, avec un risque de dépendance à une seule personne. Les ESN visent surtout les projets informatiques de grande taille. Le bon choix dépend du périmètre confié et du budget.

Au bout de combien de temps peut-on juger les résultats ?

Les campagnes publicitaires donnent des indications en quelques semaines. Le référencement naturel demande en général plusieurs mois avant des effets visibles sur les positions et les contacts. Fixez des objectifs intermédiaires mesurables (pages indexées, positions, coût par contact) et faites un point mensuel plutôt que d'attendre un bilan annuel.

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